Histoire

Histoire et patrimoine

Charmante commune du canton de Montfort-sur-Risle, rive gauche de la Risle, Condé, avec ses 600 habitants, est une commune très étendue, 9,9km², entre Saint-Philbert et Pont-Audemer, sur les rives de la Risle, d'une part, et le plateau des Bruyères jusqu'au hameau de l'église qui domine les nombreux bras de la Risle, ainsi que les ballastières, d'autre part.

L'origine du toponyme, CONDE, est celte : nous sommes en "Pays du LIEUVIN", territoire de la tribu gauloise des LEXOVIENS dont la "cité" porte aujourd'hui le nom de LISIEUX. A noter que l'origine du nom de la Risle est également celte.

CONDATE, en celte, désigne le confluent de deux rivières. A Condé, plusieurs ruisseaux, de nombreuses sources, rejoignent la Risle : le ruisseau des Angles, le ruisseau de la Fontaine Saint-Christophe (le DOUR), la rivières des "Echaudes", et enfin le ruisseau de la Fontaine Sarrazin. Sans oublier la Risle, qui, elle aussi, se prélasse dans la prairie, en de nombreux bras.

Le site de Condé-sur-Risle, a, semble-t-il été occupé dès la préhistoire.

Les Celtes s'y sont installés, et , la toponymie en porte beaucoup de traces.

A titre d'exemple, dans ce pays du Lieuvin, il y a un secteur qui nous intéresse et nous concerne plus directement : le VIEVRE, toponyme bien celte.

Les Romains ont largement occupé le pays.D'autres parlent de l'existence d'un "camp romain", à Condé. Il y a, il est vrai, sur le plateau, des traces fort impressionnantes, fossés profonds, murets, enceintes; mais, en l'état, il semble difficile d'affirmer avec certitude qu'il s'agisse d'un camp romain.

Il ne faut pas oublier, nous sommes tout de même en Normandie, les Angles, les Saxons, les Danois et autres "gens du Nord" qui ont conquis cette région, jusqu'au traité de l'Epte et la création du Duché de Normandie. L'anthroponymie et la toponymie, bien que moins riches que sur la rive droite de la Risle, en ce qui concerne les "normands", nous apportent beaucoup de traces de cette époque.

Il existait, également, à condé, un château-fort. Ce qui était appelé le "Manoir", ou ce qui en restait, a été rasé, il y a quelques années. Quand il gèle fort, ou que le champ est innondé on peut en deviner les contours. Il existait également une "motte", que l'on peut apercevoirtrès facilement ... en avion.

Il faut remonter au XIème siècle pour trouver les premières traces écrites de l'existence d'une "seigneurerie de Condé". Seigneurerie dont on peut suivre l'histoire jusqu'à la Révolution française, où les biens de famille de "Choiseul-Gouffier", dernière détentrice du titre et des fiefs, ont été saisis.

L'église SAINT-MARTIN de Condé-sur-Risle

Il existe dans le département 89 églises placées sous le vocable de Saint Martin sur les 274 que compte la Haute-Normandie. La plus proche, dans notre secteur, étant l'église de Saint-Martin-Saint-Firmin.

Nous n'avons pas grand chose sur cette église. Les spécialistes semblent se mettre d'accord sur une construction au XIème/XIIème siècle. Il semblerait qu'elle soit l'une des plus anciennes dans notre région. Selon certaines sources, il existait, également, à Condé, un prieuré "d'ECORCHE CAILLOU", dépendant de l'Abbaye du Bec, avec une chapelle placée sous le patronage de Saint Martin. Le fief d'Ecorche Caillou était un fief important de la seigneurerie, puisqu'élevé au rang de "Baronnie". Dépendant du Bec, il englobait un territoire allant jusqu'à Saint-Pierre des Ifs.

Saint-Martin : évêque de Tours, est considéré comme "l'apôtre des Gaules".Il est surtout l'un des premiers à créer des monastères pour former les prêtres, par la vie monastique. il parcourt le pays, accompagné de ses moines. Il prêche et fait  détruire les lieux de culte païens qu'il remplae par des oratoires, des chapelles ou des monastères. On trouve par toute la Francede nombreux toponymes, cuvette de Saint Martin, sabot du cheval de Saint Martin, tous ces noms de lieux sont intéressants pour l'archéologie parce que, très souvent, il est possible de trouver, à proximité, d'anciens lieux de culte.

L'église de Condé

Il faut, d'abord, faire le tour extérieur de l'église. On peut y voir, sur les pierres de taille, des graffitis, dont certains rappellent ceux que l'on voit à Saint-Georges du Vièvre, et sur les murs de bien d'autres églises du secteur. Arrêtons-nous un moment devant le très beau porche roman accolé à l'église vers le XIIIème/XIVème siècle.

Remarquable, aussi, le pignon en damier de silex noirs.

Noter les deux statues qui ont été décapitées.

L'édifice a subi de nombreux remaniements. Le clocher, par exemple, roman à l'origine, s'est effondré sur le choeur, en 1765, la veille de Pâques. Il a été reconstruit en briques, à la base, tandis que le haut est en pierres de taille et en silex. On peut également constater que plusieurs fenêtres romanes, ainsi qu'une porte, ont été murées et remplacées par des baies à vitraux, vers 1780. Il est bien dommagequ'en 1904, mors de la restauration, les murs aient été recouverts d'enduit.

A l'intérieur, à l'entrée de la nef, un porche de bois sculpté, au XVIIème siècle, sous Louis XIV.

A l'entrée du choeur, sur la poutre de gloire, observez deux sculptures en bois polychrome.

Enfin, sur la droite, une statue de la Charité de Saint-Martin (XVIème), en bois et polychrome.